Prédication : Le sens des miracles de guérison selon les Evangiles

Dans les récits de guérison des Evangiles, on s’étonnera que Jésus ne guérit pas les infirmes et les malades qu’il rencontre en leur disant Je te guéris mais en leur adressant son fameux Lève-toi et marche. Cette stratégie thérapeutique n’opère pas un simple miracle, mais réhabilite la personne à assumer sa propre condition de vie. Selon cette perspective, c’est la foi de la personne malade qui active son chemin de guérison, lorsque celle-ci parvient à se réapproprier la valeur de sa vie vécue devant Dieu.

Voir la liste de mes prédications ordonnées par références bibliques.

Psaume 91

1 Celui qui habite là où se cache le Très-Haut
passe la nuit à l’ombre de Shaddaï.

2 – Je dis du SEIGNEUR : « Il est mon refuge, ma forteresse,
mon Dieu : sur lui je compte ! » –

3 C’est lui qui te délivre du filet du chasseur
et de la peste pernicieuse.
4 De ses ailes il te fait un abri,
et sous ses plumes tu te réfugies.
Sa fidélité est un bouclier et une armure.

5 Tu ne craindras ni la terreur de la nuit,
ni la flèche qui vole au grand jour,
6 ni la peste qui rôde dans l’ombre,
ni le fléau qui ravage en plein midi.
7 S’il en tombe mille à ton côté
et dix mille à ta droite,
toi, tu ne seras pas atteint.
8 Ouvre seulement les yeux
et tu verras comment sont payés les infidèles.

9 – Oui, SEIGNEUR, c’est toi mon refuge ! –
Tu as fait du Très-Haut ta demeure,
10 il ne t’arrivera pas de malheur,
aucun coup ne menacera ta tente,
11 car il chargera ses anges
de te garder en tous tes chemins.
12 Ils te porteront dans leurs bras
pour que ton pied ne heurte pas de pierre ;
13 tu marcheras sur le lion et la vipère,
tu piétineras le tigre et le dragon.

14 – Puisqu’il s’attache à moi, je le libère,
je le protégerai car il connaît mon nom.
15 S’il m’appelle, je lui répondrai,
je serai avec lui dans la détresse ;
je le délivrerai et le glorifierai ;
16 je le comblerai de longs jours
et je lui manifesterai mon salut.

Evangile de Jean 5,1-8a – Guérison d’un paralytique à Jérusalem

1 Après cela et à l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. 2 Or il existe à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine qui s’appelle en hébreu Bethzatha. Elle possède cinq portiques, 3 sous lesquels gisaient une foule de malades, aveugles, boiteux, impotents qui attendaient l’agitation de l’eau, 4 car à certains moments l’ange du Seigneur descendait dans la piscine ; l’eau s’agitait et le premier qui y entrait après que l’eau avait bouillonné était guéri quelle que fut sa maladie. 5 Il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans. 6 Jésus le vit couché et, apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : « Veux-tu guérir ? » 7 L’infirme lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau commence à s’agiter ; et, le temps d’y aller, un autre descend avant moi. » 8 Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat et marche. » 9 Et aussitôt l’homme fut guéri ; il prit son grabat, il marchait.

Evangile de Marc 2,1-12 – Pardon et guérison d’un paralysé à Capharnaüm

1 Quelques jours après, Jésus rentra à Capharnaüm et l’on apprit qu’il était à la maison. 2 Et tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte. Et il leur annonçait la Parole. 3 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé porté par quatre hommes. 4 Et comme ils ne pouvaient l’amener jusqu’à lui à cause de la foule, ils ont découvert le toit au-dessus de l’endroit où il était et, faisant une ouverture, ils descendent le brancard sur lequel le paralysé était couché. 5 Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »

6 Quelques scribes étaient assis là et raisonnaient en leurs cœurs : 7 « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? » 8 Connaissant aussitôt en son esprit qu’ils raisonnaient ainsi en eux-mêmes, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous ces raisonnements en vos cœurs ? 9 Qu’y a-t-il de plus facile, de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? 10 Eh bien ! afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… » – il dit au paralysé : 11 « Je te dis : lève-toi, prends ton brancard et va dans ta maison. » 12 L’homme se leva, il prit aussitôt son brancard et il sortit devant tout le monde, si bien que tous étaient bouleversés et rendaient gloire à Dieu en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! »

Prédication du dimanche des malades premier mars 2026, d’après la prédication donnée le mercredi précédent à la Résidence Les Roches pour personnes âgées à Orvin, dans le Jura bernois, en Suisse

Nous venons d’entendre deux récits de guérison opérées par Jésus dans des contextes très différents, à la piscine de Bethzatha à Jérusalem et dans sa demeure à Capharnaüm.

Dans la perspective de ce message, je suppose que la guérison appartient à la fois aux hommes et à Dieu. Elle n’est pas une donnée que nous puissions maîtriser à part entière. Notamment lorsque l’on est âgé, il faut s’attendre à avoir une santé plus fragile, et à ne plus posséder autant de potentiel corporel qu’auparavant.

Les maladies et les faiblesses de santé constituent une dimension à part entière des souffrances de l’existence humaine, que l’on ne peut espérer éliminer complètement. La santé ne concerne pas uniquement le corps, elle est une combinaison de notre état corporel, de nos sensations, de nos sentiments, de nos émotions et de nos dispositions intérieures. La santé est une combinaison de l’état du corps, de l’âme et de l’esprit.

Subjectivité et santé


La comparaison des deux récits de guérison de Jean 5 et Marc 2 conduit à une observation intéressante: Dans les deux récits, la personne soignée se trouve dans des situations opposées.

L’infirme de la piscine de Bethzatha n’a personne pour lui venir en aide depuis 38 ans. Il reste là, immobile, à attendre une éventualité de guérison qui ne se produit jamais. Mendiant isolé dans la capitale, il est seul face à son destin. Le texte souligne le caractère impitoyable des eaux « magiques », qui ne guérissent que le plus rapide des infirmes à les atteindre.

Au contraire, dans le récit de guérison en Galilée, contrée villageoise, tout le monde se connaît. Le paralytique concerné est amené devant Jésus par un groupe de personnes qui le soutiennent. On le porte vers la guérison. Ces personnes vont jusqu’à ouvrir le toit au-dessus de Jésus pour le placer devant la foule aux premières loges.

Je déduis de cette comparaison l’observation suivante: L’expérience de la maladie dépend en bonne partie de l’entourage et du soutien reçu par la personne malade, impotente ou handicapée. Et cet entourage comporte aussi une importante dimension subjective. Face au même ennui de santé, une personne peut se sentir soit soutenue, soit abandonnée, et cette dimension de la guérison joue un rôle important.

Notamment, dans une résidence pour personnes âgées, où il faut inexorablement s’attendre à une baisse de vitalité et au décès à plus ou moins long terme, une personne peut se sentir soit abandonnée de tous, reléguée dans l’isolement à l’écart de sa famille, soit au contraire entourée par des personnes avec lesquelles elle noue des contacts enrichissants.

Il existe donc une dimension subjective extrêmement significative dans le processus de guérison, et c’est peut-être dans cette sphère que le miracle est parfois ressenti. Suivant le sentiment d’abandon ou d’encadrement, le courage et la vitalité peut manquer ou renaître, sans pour autant garantir la guérison physique. Enfin, selon son caractère, une personne aura plutôt besoin de calme et d’isolement, ou au contraire d’entourage et d’animation.

La stratégie thérapeutique de Jésus


Il est frappant d’observer que selon les deux récits de guérison, tant avec l’infirme de Bethzatha qu’avec le paralytique de Capharnaüm, Jésus pratique la même stratégie thérapeutique: Il ordonne au malade ou au handicapé de se lever et de marcher. Il convient de souligner que Jésus ne prononce ici ni parole de guérison, ni parole de miracle. Il ne dit pas Je te guéris, mais Lève-toi ! C’est totalement différent. En termes modernes, il invite la personne à regagner son indépendance et à participer à son propre processus de guérison.

Cela signifie que même si la guérison physique n’est pas immédiatement au rendez-vous, ou si elle n’est pas envisageable à plus ou moins long terme, la personne est appelée à assumer son état de santé, à se prendre en charge en fonction de ses moyens concrets. L’état d’esprit envisagé est le suivant: « Je prends acte de mes forces et de mes faiblesses, voire des limites de mon espérance de vie, et je choisis d’entériner positivement cette situation, à savoir de la vivre au mieux sans m’apitoyer excessivement sur moi-même et sans m’effondrer moralement ». Il existe une hygiène de vie tant pour les malades que pour les bien portants, et on oublie que, eux aussi, doivent lutter pour survivre.

Les paroles Lève-toi et marche représentent le condensé d’un projet thérapeutique extrêmement performant et profondément holistique, c’est-à-dire comprenant les divers aspects intégrés de la réalité humaine. Peut-être que face à un état de santé plus fragile qu’auparavant, la véritable guérison consiste en la capacité d’adapter son rythme de vie. Il est dit Lève-toi et marche, et non Lève-toi et cours. A tous les âges, l’autonomie mentale, l’adaptation de son rythme de vie, le respect de soi et du prochain, l’amour de soi et du prochain, le pardon de soi et du prochain et la confiance en soi et en le prochain, sont les critères déterminants d’une approche raisonnable de la santé, qui ne passe pas par des espérances mirobolantes appelées à être déçues.

Trois critères pénalisant la santé : La compétition, le fatalisme et la culpabilité


La richesse des textes des Evangiles apparaît dans toutes ses dimensions lorsqu’on les envisage sous un angle psychologique et spirituel plutôt que surnaturel. Dans sa faculté à rendre instantanément la vue aux aveugles de naissance et à ressusciter les morts, admettons que Jésus est inimitable, sauf à nourrir de faux espoirs.

L’infirme de Bethzatha est placé dans une situation de compétition qui lui rappelle en permanence son infériorité. Un autre plus rapide le devance à chaque fois. On perçoit bien ici une situation dégénérative, un puits sans fond, un cercle vicieux. L’ange du Seigneur de cette piscine n’a rien d’évangélique, il représente le fatalisme de la religiosité magique qui conduit la personne à penser que devant Dieu elle n’a jamais de chance, parce qu’elle n’est pas une bonne personne et parce qu’elle n’a aucune compétence.

D’une parole énergique, Jésus vient briser cette logique mortifère en rétablissant la capacité autonome d’initiative du malade. Ici se situe le véritable tournant du récit : Tu as les moyens de changer tes conditions de vie autrement qu’en comptant sur un ange, sur une piscine ou sur d’autres personnes qui ne te viennent jamais en aide. Reprends possession de ta vie ! Dans cette perspective, au même titre que la santé, le miracle mobilise les diverses dimensions de la personne, corps, âme et esprit. Il est tout autant interne qu’externe !

Le récit de la piscine de Bethzatha souligne l’influence néfaste de la durée sur le fatalisme. Au cours des années, le sentiment d’impuissance s’accroît, conférant à la personne impotente la conviction que sa liberté de changement n’existe plus. Or ce n’est pas le cas, en recherchant soigneusement le champ où la liberté existe encore, il est possible de rejoindre le déclic d’autonomie caché quelque part en notre âme. L’être humain est fait de déterminisme et de liberté, de stabilité et de changement, de tradition et de nouveauté.

Si le récit de l’infirme de Bethzatha souligne le fatalisme lié à la maladie, le récit du paralytique de Capharnaüm souligne son lien à la culpabilité. Le lien que Jésus établit entre le péché et la maladie dans ce texte est souvent décrié à juste titre en raison du danger de lier l’origine de la maladie à un tort moral. La maladie semble ici être perçue comme une punition, un châtiment divin. Or, il convient d’emblée de balayer cette lecture du texte, qui représente le point de vue exactement opposé à l’intention de Jésus.

L’affirmation Tes péchés sont pardonnés est à comprendre dans le sens d’une libération de la culpabilité. C’est le tort que la personne s’attribue à elle-même qui la maintient enfermée dans le giron de la maladie. Il s’agit en quelque sorte d’une autopunition de la personne rongée par la culpabilité, d’une interdiction de vivre que l’on s’impose à soi-même. Jésus vient rompre ce lien paralysant en accordant à la personne une nouvelle autorisation de vivre: « Admettons que tu as mal agi par le passé, que ta réaction à telle ou telle situation difficile n’a pas été appropriée, il s’agit de le reconnaître, néanmoins, il te faut, à présent, revivre en acceptant le pardon divin, qui te conduit à te pardonner à toi-même et à rechercher de nouveaux ponts vers la liberté ».

Synthèse finale: Les impulsions parallèles du judaïsme, du christianisme et du bouddhisme


Le Psaume 91 exprime adéquatement la part de Dieu et la part de l’homme dans le processus de guérison et dans le dynamisme de vie permettant de conserver la santé au travers des épreuves. La protection divine est clairement affirmée : « 3 C’est lui qui te délivre du filet du chasseur et de la peste pernicieuse » de même que la part de lutte qui revient à la personne humaine: « 13 tu marcheras sur le lion et la vipère, tu piétineras le tigre et le dragon ». Une attitude vaillante, courageuse, entreprenante est clairement requise.

Le moine bouddiste Hsuan Hua (1918-1995) ne dit pas autre chose: « Si tu désires étudier le bouddhisme, il te faut être semblable à un tigre, t’élancer de la haute crête de la montagne, te lancer sur les obstacles et les dévorer » (365 Pensieri sulle orme di Buddha, National Geographic, 25 février). L’image du tigre évoque la force intrépide avec laquelle il faut affronter les problèmes de la vie, en un sens bien plus large que celui des seules maladies.

Dans leur inspiration première, on retrouve chez Siddhartha le Bouddha comme chez Jésus le Christ le même courage d’affronter la réalité quotidienne sereinement, avec calme et réactivité efficace, lors des mauvais jours autant que lors des bons jours. La foi chrétienne et l’équanimité bouddhiste (le calme intérieur face aux hauts et aux bas de la vie) consistent à prendre le taureau par les cornes, à positionner l’âme en équilibre dans le calme et à agir vaillamment, à faire face aux circonstances présentes sans se décourager, puisque, selon le christianisme, Dieu est toujours le Présent à nos côtés et en nous, et selon le bouddhisme, de toute réalité pénible ou heureuse émane un sens interne dont rien ne peut entamer la valeur. Amen

6 réflexions sur « Prédication : Le sens des miracles de guérison selon les Evangiles »

  1. Merci pour cette prédication abordant la question si sensible des guérisons évangéliques, et qui va jusqu’à mettre en parallèle avec bonheur la foi chrétienne et l’équanimité bouddhiste. Vous avez superbement évité les deux écueils majeurs qui nous guettent souvent lorsque nous cherchons un sens à nos existences et parfois à nos souffrances, à savoir l’idolâtrie et le fanatisme. Mais personnellement, je ne suis pas prêt, comme vous le faites, d’accorder à Jésus les « intentions » que vous lui prêtez. Je pense en effet que le Christ de la foi, est à distinguer non seulement du Christ de l’Histoire, mais également du Christ des évangiles. (je m’inspire ici d’une réflexion du théologien Alain Houziaux). Le Christ de la foi me semble en effet être nécessairement une interprétation des deux autres. Et en fonction de cette conception, il m’est plus facile d’accepter comme « légitimes » les fausses conceptions, qui, comme dans le judaïsme , puis dans le Christianisme ont relié la maladie et le péché. Ce sont en effet des paralogismes tout à fait compréhensibles, en l’absence des connaissances médicales scientifiques telles qu’on les connaît aujourd’hui. Certes, le Christ des évangiles a déjà des intuitions majeures : ainsi, comment ne pas se souvenir de la question des disciples à Jésus face à l’aveugle-né, et de la belle réponse de Jésus. Cela prouve que le Jésus historique faisait déjà un pas de côté (et un grand pas assurément!) par rapport à des conceptions antiques qui reliaient le péché et l’infirmité, mais rien de plus, à mon avis (il serait d’ailleurs intéressant de savoir ce qu’il en était dans le monde antique asiatique où le bouddhisme avait apporté sa propre révolution par rapport à l’hindouisme peu de siècles avant que le Christianisme opère sa propre révolution par rapport au judaïsme.

  2. Merci Monsieur Helmlinger pour votre commentaire.
    Il me faut vous avouer que cette fois-ci, je ne comprends pas exactement votre propos, ce que vous contestez et ce que vous affirmez. Quelles sont, à vos yeux, les intentions que je prête à Jésus et que vous ne lui prêtez pas, cela n’est pas clair pour moi ?
    Meilleurs messages
    Gilles B.

  3. Cher Monsieur,

    Merci pour votre réponse, en dépit du fait que je n’ai pas été assez clair.
    Ma réaction concernait en fait le passage concernant le fatalisme, où vous écriviez que « la maladie semble ici être perçue comme une punition, un châtiment divin. Or, il convient d’emblée de balayer cette lecture du texte, qui représente le point de vue exactement opposé à l’intention de Jésus. » En fait, j’appréciai votre interprétation, mais tout en la trouvant un peu « idéalisante », car je pense que Jésus partageait sans doute les croyances de ses contemporains et ne les contestait pas obligatoirement en tant que telles, mais qu’il s’opposait plutôt à la culpabilisation en général. Mais je le reconnais : mon commentaire manquait effectivement de clarté. Veuillez donc m’excuser. Bien cordialement, Wilfred Helmlinger.

  4. Merci Monsieur Helmlinger pour votre partage, votre pensée devient ainsi tout à fait claire à mes yeux.
    Vous avez sans doute raison que je « modernise » un peu trop rapidement Jésus. Il est possible qu’il reconnaissait une part du lien entre maladie et péché, et qu’il cherchait à « effacer » ce lien, et donc à guérir, au travers de son affirmation du pardon divin. D’ailleurs, même dans la perspective de la médecine moderne, il semble pertinent de conserver un certain lien entre la maladie et une « mauvaise qualité de vie », une notion qui n’est pas très éloignée de la catégorie du « péché » au sens large. Une mauvaise qualité de vie peut en effet être considérée comme un manque de respect envers soi-même, un « péché » contre soi-même, si j’ose dire.
    Avec mes amitiés. Gilles Bourquin

  5. Cher Gilles, merci pour ta prédication.
    La santé est bien plus qu’un simple état physique. Elle résulte d’un équilibre fragile entre le corps, l’âme et l’esprit. Lorsque cette harmonie se rompt, c’est toute l’existence qui vacille.
    Au début des années 2000, j’ai perdu cet équilibre essentiel. Je traversais alors une période de profonde désorientation intérieure et, avec le recul, je sais combien j’aurais eu besoin d’être mieux entouré et accompagné pour retrouver la joie de vivre.
    Un dimanche, en arrivant au culte à l’Eglise de Champel de Genève, j’ai entendu la pasteure Francine Carrillo prêcher sur un passage de l’Évangile de Marc (2,1 12), relatant la guérison du paralysé à Capharnaüm. Ce message m’a profondément touché. À l’issue de la célébration, je suis allé à sa rencontre. Cet échange fut le point de départ d’un chemin de guérison qui s’est poursuivi dans le temps, grâce à son accompagnement attentif et bienveillant.
    Je me suis alors tourné avec confiance vers le Christ et j’ai accepté de faire ma part du chemin. Soutenu et guidé, j’ai peu à peu retrouvé la capacité de me relever et d’avancer. À l’image du paralysé de l’Évangile, j’ai été, moi aussi, symboliquement descendu par le toit aux pieds du Christ. Cette expérience m’a appris que la guérison n’est pas seulement un don reçu, mais aussi une démarche à vouloir et à entreprendre, loin de toute résignation ou fatalisme.
    Un jour viendra où nous remettrons notre âme entre les mains du Seigneur. Alors, la santé n’aura plus la même signification, car elle n’a de valeur qu’ici-bas, sur cette terre, où elle est le moteur de notre vie. Elle est un don précieux que Dieu nous accorde pour nous permettre d’accomplir notre destinée. Et, pour reprendre une formule qui me fait sourire, je n’ai jamais entendu dire que quelqu’un soit mort en bonne santé

  6. Cher István,
    je te remercie pour le témoignage de ton expérience personnelle de guérison accompagnée. J’ai l’impression que ce récit de ton expérience vécue correspond à la perspective de guérison que je décris dans ma prédication. Il s’agit bien d’un chemin personnel qui implique les divers aspects de l’existence (corps, âme, esprit, histoire de vie, relations familiales, lien social, culture, rapport à la nature, méditation biblique, etc.) sous une forme unique qui combine les divers aspects de chaque existence individuelle. Donc un grand merci à toi.
    Amitiés
    Gilles

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