Religion, philosophie, science: Vers un savoir unique ?

Il n’est pas rare d’entendre, aujourd’hui, que certaines intuitions des religions et des philosophies anciennes se trouvent confirmées par les dernières découvertes de la science. Le savoir de l’humanité évoluerait donc vers un grand tout unifié, au-delà des différences de religion et de culture ?
Nous verrons qu’il reste toujours, qu’on le veuille ou non, une part de mythe dans la science, ainsi qu’une part de savoir humain dans la foi. Quelques exemples tirés de la physique et de la biologie nous permettront d’illustrer les débats et les conflits actuels entre la science et la foi.

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Conférence donnée à l’Université populaire le 27 novembre 2012 au Musée jurassien d’histoire à Delémont (JU), puis le 30 mai 2013 à la paroisse réformée à Cernier (NE).

La résurrection, une dynamique de vie

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L’Église ne doit pas oublier que la résurrection est un message magnifique : Elle est le souffle de la vie libérée ! Les problèmes surviennent lorsque l’on porte un regard trop objectivant sur la résurrection. On se place dans la peau d’un observateur … Continuer la lecture

Pertinences de la théologie libérale dans les mutations en cours

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Plus que d’offrir une présentation limitée aux théologies libérales, ce qui serait contraire à leur esprit, cet article met en scène l’ensemble du protestantisme, de ses origines à aujourd’hui. Ses diverses tendances apparaissent ainsi dans leurs enchainements et leurs interconnexions. Cette perspective débouche sur un projet « prophétique » adapté à notre temps, articulant les différentes dimensions sociologique, spirituelle, cosmologique et philosophique d’une même problématique. Continuer la lecture

Le chemin qui mène à la vie

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Prétendre à la perfection intérieure, et du coup se passer de la grâce, est un non-sens spirituel. Le protestantisme ne l’a que trop souligné. À l’inverse, tout miser sur le simple effacement de nos fautes, au point de négliger ce travail intérieur de pacification du soi et de guérison intérieure, c’est ignorer la valeur irremplaçable de notre for intérieur. Selon certains mystiques, le siège de nos émotions et de nos pensées intimes est aussi la demeure du divin en nous : Une conscience à la fois sensible et fragile. Continuer la lecture

La mort est-elle un salaire ? Selon Romains 6,22-23

Le texte biblique

Romains 6,22-23 : Mais maintenant, libérés du péché et devenus esclaves de Dieu, vous portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement, c’est la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ, notre Seigneur.

Le commentaire

Il est vrai qu’aujourd’hui, on parle volontiers de religion en termes de parcours de vie, de cheminement personnel, de spiritualité. Ces notions sont pertinentes. Elles expriment la réalité du vécu humain, sans cesse hésitant et évolutif, et trouvent un large écho dans la Bible. Les verbes de la première phrase de notre citation (libérer, devenir, porter, conduire, « aboutir ») illustrent cette progression. Hélas, l’emploi de ces notions (spiritualité, expérience religieuse, etc.) peut aussi cacher une crainte plus sournoise, celle de nous confronter à l’enseignement de la pensée religieuse, que l’on affuble du nom de doctrine, dont le sens est souvent devenu péjoratif.

Il nous serait pourtant difficile, en tant que protestants, de refuser de nous confronter à des passages doctrinaux aussi centraux que ceux de l’épître aux Romains, sachant que Luther et Calvin y puisèrent le cœur de la foi moderne. À notre décharge, il est vrai que c’est souvent par incapacité d’éviter de nous y achopper que nous les écartons si facilement. Nous avons oublié que la doctrine est avant tout une expression verbale de la spiritualité. Lorsqu’un maître spirituel veut enseigner son mode de vie religieuse, il crée sans le vouloir une doctrine, un enseignement spirituel.

Pourtant, les doctrines vieillissent. En raison de l’évolution des cultures, leurs logiques peuvent devenir difficilement compréhensibles. C’est le cas de cette saisissante affirmation de Paul : « le salaire du péché, c’est la mort ». Aujourd’hui, on ne se permet plus un tel raccourci. En effet, le péché concerne la conscience, la foi, la morale, tandis que la mort est perçue comme une donnée biologique liée à la cessation du métabolisme et de l’activité neuronale. À priori, les deux registres (le spirituel et le corporel) ne doivent pas être confondus, et pourtant, c’est à se demander si la mort physique ne peut pas être parfois la conséquence du mal vivre ? Elle l’est à l’évidence lors des meurtres et des guerres, et de façon moins évidence lors de certaines affections dites psychosomatiques, mais peut-on en faire une généralité ? À ce sujet, une catéchumène m’a d’ailleurs fait remarquer, le sourire aux lèvres, que les animaux ne pèchent pas et qu’ils meurent pourtant, ce à quoi un autre catéchumène a répondu que les animaux pèchent aussi. Pour se tirer d’affaire, les théologiens protestants ont parfois affirmé que la mort dont parle Paul n’est pas la mort biologique, mais la mort spirituelle. La pirouette est habile, mais elle ne résout pas tout.

Je vous propose de conclure en abordant le problème par l’autre bout : S’il n’y avait pas de mort biologique, serions-nous vraiment enchantés de vivre éternellement en un monde comme le nôtre ? La mort physique, autre que d’être le salaire du péché, n’en serait-elle pas aussi la délivrance ? Limiter la durée de notre vie terrestre serait donc une sage décision divine liée à notre comportement. La mort participerait ainsi à ce don de Dieu, la vie éternelle, qui recouvre et dépasse notre vie temporelle. D’où aussi la dynamique de la spiritualité chrétienne, en laquelle la mort et la vie, la souffrance et la délivrance, sont étroitement réunies dans le seul mouvement de la grâce.

La prière

Je te rends grâce, mon Seigneur et mon Dieu, de ce que tu m’as délivré du mal, de la mort et du péché. Cela, aucun homme, aucun dieu n’était en mesure de le faire. En toi je vis, alors que ta présence est encore cachée dans la fragilité de mon quotidien.

Article paru au printemps 2012 dans la Vie Protestante de Genève.

Le protestantisme au défi du monde contemporain

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« Mais où sont-ils donc tous passés, les paroissiens ? »: C’est la question que se pose Gilles Bourquin, pasteur suisse et docteur en théologie, dans son dernier ouvrage « Théologie de la spiritualité ». Remède à la clé. Propos recueillis par Elise Perrier, VP Genève. Continuer la lecture

La spiritualité aux prises avec la modernité

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Avec la modernité, la spiritualité individuelle a pris le pas sur la religion communautaire. Cette autonomisation de la foi pourrait, à terme, éroder l’idée d’un Dieu transcendant en rapatriant toutes les énergies spirituelles dans la seule source individuelle. Ce qui résiste à ce mouvement de fond, c’est la nécessité d’un vis-à-vis, et donc d’un Dieu qui soit également extérieur au soi, tant que l’être humain ne se suffit pas tout-à-fait à lui-même. Continuer la lecture

La mystique, phénomène central ou marginal ?

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Certains voient dans la mystique le cœur et la source de toute vie religieuse, alors que pour d’autres, il ne s’agit que d’une manifestation marginale, un peu exaltée, voire extrême, de la foi du plus grand nombre. D’emblée, la mystique nous pose question : serions-nous tous mystiques, plus ou moins à notre insu ?
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Les mutations contemporaines de la théologie et leur impact pour la vision de l’Église : Théologie de la Parole et théologie de l’expérience

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Les difficultés actuelles d’adaptation du protestantisme réformé à la mentalité religieuse contemporaine sont pour une part liées au caractère dialectique des théologies issues du luthéranisme et du barthisme, qui jouent davantage sur des oppositions que sur des progressions. Passer d’une théologie de la Parole à une théologie qui inscrit davantage la proclamation dans l’expérience spirituelle et les réalités sociales s’avère ainsi un enjeu déterminant pour l’avenir des Églises réformées. Continuer la lecture