La constante nécessité d’une critique réformatrice

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Les théologies libérales apparues au XIXe siècle soulignent la nécessité de réformer constamment les doctrines chrétiennes, au point que ces dernières perdent toute valeur définitive. Cette critique réformatrice suppose que la foi prime sur les doctrines, autre « dogme » libéral. Aux … Continuer la lecture

Double regard sur la naissance du monde

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Est-il contradictoire d’affirmer qu’un bébé est à la fois le résultat d’une embryogenèse et un don de Dieu ? Le discours scientifique se réfère à une observation (la grossesse) tandis que le discours religieux repose sur une conviction (la donation divine). … Continuer la lecture

L’anthropologie essentialiste de Paul Tillich confrontée aux nouvelles approches empiriques de l’humain

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Renvoyant dos à dos le dualisme et le monisme anthropologique, Paul Tillich défend la thèse de l’unité multidimensionnelle de la vie. Après une analyse des difficultés ontologiques de son principe de progressive actualisation ambiguë d’une essence non-ambiguë, nous interrogerons la portée théorique, dans l’ensemble de sa conception anthropologique, des interactions de la dimension de l’esprit avec les autres dimensions physique et psychique qui la précèdent dans l’ontogénèse. Paul Tillich développe-t-il suffisamment les interactions entre les dimensions de la vie et leurs ambiguïtés ? Si sa théologie systématique organise bien un cadre formel permettant de penser ces interactions, il se garde d’entamer un véritable dialogue avec les disciplines scientifiques qui renvoient les phénomènes de l’esprit à des explications de nature biologique ou psychique. Or, depuis l’époque de Paul Tillich, la dimension de l’esprit apparaît de moins en moins cloisonnée et distincte du reste de l’espace anthropologique. Continuer la lecture

Le désenchantement neuroscientifique de la mémoire et la subsistance du théologique

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Introduction La subsistance du théologique se présente aujourd’hui comme un courant minoritaire de résistance à un mouvement général de désenchantement du croire, de remise en cause et de dilution de ses affirmations dogmatiques, identitaires, confessionnelles, institutionnelles et culturelles. La notion … Continuer la lecture

Le long pèlerinage de l’humanité vers la liberté

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Le développement de l’humanité n’est pas linéaire. On ne peut pas identifier des stades qui seraient partout les mêmes, comme par exemple dans le développement d’un embryon. Pourtant, l’histoire humaine est le prolongement de l’évolution des animaux. Elle n’est pas … Continuer la lecture

D’où vient notre besoin de croire?

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Lire l’article sur Réflexions protestantes libérales. Les neurosciences posent une question cruciale aux religions : Notre cerveau est-il conçu de telle manière que nous sommes biologiquement portés à croire ? Dans ce cas, la religion serait un besoin naturel de l’homme, comme … Continuer la lecture

Statut et enjeux de la neurothéologie

Les neurosciences sont à la mode. L’extraordinaire complexité et plasticité des réseaux neuronaux rend les investigations scientifiques difficiles, de sorte que le cerveau reste un des organes dont le fonctionnement est le moins bien connu du corps humain. Mieux comprendre son fonctionnement pourrait révolutionner notre manière de comprendre les fondements biologiques de la conscience et de la pensée.

La neurothéologie est une des disciplines nouvelles liées aux neurosciences. Comme son nom l’indique, elle explore les composantes neuronales de la foi. Soit la vie religieuse est interprétée comme la manifestation psycho-spirituelle d’une activité neuronale particulière, soit, en sens inverse, on observe comment des pratiques religieuses spécifiques peuvent influencer le fonctionnement du cerveau.

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Ce document a servi de support de formation lors de la 5ème et dernière session du module « Impact des neurosciences sur la vision chrétienne de l’homme », dans le cadre de l’association Cèdres Réflexion à Lausanne, au premier semestre 2013.

Religion, philosophie, science: Vers un savoir unique ?

Il n’est pas rare d’entendre, aujourd’hui, que certaines intuitions des religions et des philosophies anciennes se trouvent confirmées par les dernières découvertes de la science. Le savoir de l’humanité évoluerait donc vers un grand tout unifié, au-delà des différences de religion et de culture ?
Nous verrons qu’il reste toujours, qu’on le veuille ou non, une part de mythe dans la science, ainsi qu’une part de savoir humain dans la foi. Quelques exemples tirés de la physique et de la biologie nous permettront d’illustrer les débats et les conflits actuels entre la science et la foi.

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Conférence donnée à l’Université populaire le 27 novembre 2012 au Musée jurassien d’histoire à Delémont (JU), puis le 30 mai 2013 à la paroisse réformée à Cernier (NE).

La théologie chrétienne aux frontières de la mythologie, de la philosophie et de la science

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Mythologie, théologie, philosophie et science, dans l’Antiquité, sont d’abord apparues partiellement confondues. Par la suite, des processus complexes de différenciation des disciplines ont produit leur séparation, avec la définition de plusieurs niveaux d’interaction. La science d’un côté, et la théologie chrétienne de l’autre, ont fait tous leurs efforts pour tenter de se démarquer de la mythologie d’origine païenne, sans jamais parvenir à éliminer totalement les éléments mythologiques élémentaires qui composent aujourd’hui encore certains de leurs présupposés implicites. Continuer la lecture

La mort est-elle un salaire ? Selon Romains 6,22-23

Le texte biblique

Romains 6,22-23 : Mais maintenant, libérés du péché et devenus esclaves de Dieu, vous portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement, c’est la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ, notre Seigneur.

Le commentaire

Il est vrai qu’aujourd’hui, on parle volontiers de religion en termes de parcours de vie, de cheminement personnel, de spiritualité. Ces notions sont pertinentes. Elles expriment la réalité du vécu humain, sans cesse hésitant et évolutif, et trouvent un large écho dans la Bible. Les verbes de la première phrase de notre citation (libérer, devenir, porter, conduire, « aboutir ») illustrent cette progression. Hélas, l’emploi de ces notions (spiritualité, expérience religieuse, etc.) peut aussi cacher une crainte plus sournoise, celle de nous confronter à l’enseignement de la pensée religieuse, que l’on affuble du nom de doctrine, dont le sens est souvent devenu péjoratif.

Il nous serait pourtant difficile, en tant que protestants, de refuser de nous confronter à des passages doctrinaux aussi centraux que ceux de l’épître aux Romains, sachant que Luther et Calvin y puisèrent le cœur de la foi moderne. À notre décharge, il est vrai que c’est souvent par incapacité d’éviter de nous y achopper que nous les écartons si facilement. Nous avons oublié que la doctrine est avant tout une expression verbale de la spiritualité. Lorsqu’un maître spirituel veut enseigner son mode de vie religieuse, il crée sans le vouloir une doctrine, un enseignement spirituel.

Pourtant, les doctrines vieillissent. En raison de l’évolution des cultures, leurs logiques peuvent devenir difficilement compréhensibles. C’est le cas de cette saisissante affirmation de Paul : « le salaire du péché, c’est la mort ». Aujourd’hui, on ne se permet plus un tel raccourci. En effet, le péché concerne la conscience, la foi, la morale, tandis que la mort est perçue comme une donnée biologique liée à la cessation du métabolisme et de l’activité neuronale. À priori, les deux registres (le spirituel et le corporel) ne doivent pas être confondus, et pourtant, c’est à se demander si la mort physique ne peut pas être parfois la conséquence du mal vivre ? Elle l’est à l’évidence lors des meurtres et des guerres, et de façon moins évidence lors de certaines affections dites psychosomatiques, mais peut-on en faire une généralité ? À ce sujet, une catéchumène m’a d’ailleurs fait remarquer, le sourire aux lèvres, que les animaux ne pèchent pas et qu’ils meurent pourtant, ce à quoi un autre catéchumène a répondu que les animaux pèchent aussi. Pour se tirer d’affaire, les théologiens protestants ont parfois affirmé que la mort dont parle Paul n’est pas la mort biologique, mais la mort spirituelle. La pirouette est habile, mais elle ne résout pas tout.

Je vous propose de conclure en abordant le problème par l’autre bout : S’il n’y avait pas de mort biologique, serions-nous vraiment enchantés de vivre éternellement en un monde comme le nôtre ? La mort physique, autre que d’être le salaire du péché, n’en serait-elle pas aussi la délivrance ? Limiter la durée de notre vie terrestre serait donc une sage décision divine liée à notre comportement. La mort participerait ainsi à ce don de Dieu, la vie éternelle, qui recouvre et dépasse notre vie temporelle. D’où aussi la dynamique de la spiritualité chrétienne, en laquelle la mort et la vie, la souffrance et la délivrance, sont étroitement réunies dans le seul mouvement de la grâce.

La prière

Je te rends grâce, mon Seigneur et mon Dieu, de ce que tu m’as délivré du mal, de la mort et du péché. Cela, aucun homme, aucun dieu n’était en mesure de le faire. En toi je vis, alors que ta présence est encore cachée dans la fragilité de mon quotidien.

Article paru au printemps 2012 dans la Vie Protestante de Genève.