Ma compréhension de la Bible en quelques traits

La Bible, à mon sens, n’offre pas de solution facile à la vie humaine, mais invite à répondre à l’appel inconditionnel d’un Dieu à la fois transcendant et proche. Par leur radicalité, les textes bibliques peuvent être porteurs de violence, physique ou psychique.

La croyance en un salut réservé à un petit noyau de fidèles, les peurs d’une soudaine apocalypse et de l’enfer, l’illusion de multiples guérisons miraculeuses, le rejet du monde moderne et des avancées scientifiques, font partie des lectures les plus sombres des Ecritures saintes.

La foi biblique s’extrait progressivement des coutumes religieuses du Moyen Orient ancien, pour aboutir à la révélation libératrice de l’Evangile. Cette évolution n’est pas linéaire, elle naît de critiques successives.

Les prophètes, au nom d’un idéal et d’une espérance de justice, contestent la valeur des rituels des prêtres et le pouvoir autoritaire des rois d’Israël. Puis leur message est à son tour remis en cause dans le monde grec, ce qui donne naissance à la littérature de sagesse dans la dernière partie de la Bible hébraïque.

L’Evangile constitue le saut le plus grand, étant à la fois une évolution, une révolution, une récapitulation et une universalisation de l’héritage juif. L’affirmation selon laquelle Dieu est amour, où culmine la Bible chrétienne, loin d’être doucereuse, génère un procès à l’encontre de tout acte humain non conforme à cet amour. En Christ est révélée la nécessité d’une grâce qui libère de la mort l’homme empêtré en lui-même.

Texte « La Bible et moi » écrit pour la revue de la Société Biblique Suisse (SBS) en 2024

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