Kant distingue entre la religion intérieure, fondée sur le sens du Bien inné à tout être humain, et la religion extérieure, fondée sur le message de l’Église qui est la personnification du Bien dans le Fils de Dieu. À ses yeux, lorsque la religion extérieure devient un but en soi, elle se mue en une fausse religion, car sa fonction est d’édifier la religion intérieure. Continuer la lecture
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Le chemin qui mène à la vie
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Prétendre à la perfection intérieure, et du coup se passer de la grâce, est un non-sens spirituel. Le protestantisme ne l’a que trop souligné. À l’inverse, tout miser sur le simple effacement de nos fautes, au point de négliger ce travail intérieur de pacification du soi et de guérison intérieure, c’est ignorer la valeur irremplaçable de notre for intérieur. Selon certains mystiques, le siège de nos émotions et de nos pensées intimes est aussi la demeure du divin en nous : Une conscience à la fois sensible et fragile. Continuer la lecture
Nicolas de Cuse : Apôtre de la paix religieuse
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Nicolas de Cuse (1401-1464) est reconnu comme le penseur catholique le plus profond de son siècle. Tout en préservant la centralité de la foi chrétienne dans l’ensemble des religions, qu’il justifie par la coïncidence du divin en l’homme réalisée dans le Christ, il est un des premiers théologiens à reconnaître un fond commun aux religions en deçà de la diversité apparente des doctrines, ce qui lui permet de s’opposer à l’esprit de Croisade et d’entrer en dialogue avec l’Islam. Continuer la lecture
La théologie chrétienne aux frontières de la mythologie, de la philosophie et de la science
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Mythologie, théologie, philosophie et science, dans l’Antiquité, sont d’abord apparues partiellement confondues. Par la suite, des processus complexes de différenciation des disciplines ont produit leur séparation, avec la définition de plusieurs niveaux d’interaction. La science d’un côté, et la théologie chrétienne de l’autre, ont fait tous leurs efforts pour tenter de se démarquer de la mythologie d’origine païenne, sans jamais parvenir à éliminer totalement les éléments mythologiques élémentaires qui composent aujourd’hui encore certains de leurs présupposés implicites. Continuer la lecture
Les réformés, décidément pas très people !
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Les Réformés ne brillent pas par leur vénération des people, c’est le moins que l’on puisse dire ! Cela tient d’une part à leur vision de l’homme, qui fait de chaque individu un enfant de Dieu, un être dont la valeur n’a rien à envier à celle d’une star, mais d’autre part aussi, paradoxalement, à leur incapacité actuelle à s’émanciper d’une vision traditionnaliste de l’Eglise, fondée sur des acquis sociaux et culturels plus que sur une véritable politique constructive. Continuer la lecture
Vivre ensemble et collaborer avec des théologies, spiritualités et éthiques différentes !
Après avoir esquissé comment les matériaux de la vie de Jésus ont donné lieu aux différents modèles théologiques fécondant la vie de l’Église, je présente le modèle de la fronce, qui met en évidence cinq postures spirituelles dans le protestantisme actuel en fonction de l’écart qu’elles définissent avec la société ambiante.
Formation donnée au colloque des ministres des Églises membres du Conseil chrétien de La Chaux-de-Fonds, le jeudi 10 mai 2012.
La mort est-elle un salaire ? Selon Romains 6,22-23
Le texte biblique
Romains 6,22-23 : Mais maintenant, libérés du péché et devenus esclaves de Dieu, vous portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement, c’est la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus Christ, notre Seigneur.
Le commentaire
Il est vrai qu’aujourd’hui, on parle volontiers de religion en termes de parcours de vie, de cheminement personnel, de spiritualité. Ces notions sont pertinentes. Elles expriment la réalité du vécu humain, sans cesse hésitant et évolutif, et trouvent un large écho dans la Bible. Les verbes de la première phrase de notre citation (libérer, devenir, porter, conduire, « aboutir ») illustrent cette progression. Hélas, l’emploi de ces notions (spiritualité, expérience religieuse, etc.) peut aussi cacher une crainte plus sournoise, celle de nous confronter à l’enseignement de la pensée religieuse, que l’on affuble du nom de doctrine, dont le sens est souvent devenu péjoratif.
Il nous serait pourtant difficile, en tant que protestants, de refuser de nous confronter à des passages doctrinaux aussi centraux que ceux de l’épître aux Romains, sachant que Luther et Calvin y puisèrent le cœur de la foi moderne. À notre décharge, il est vrai que c’est souvent par incapacité d’éviter de nous y achopper que nous les écartons si facilement. Nous avons oublié que la doctrine est avant tout une expression verbale de la spiritualité. Lorsqu’un maître spirituel veut enseigner son mode de vie religieuse, il crée sans le vouloir une doctrine, un enseignement spirituel.
Pourtant, les doctrines vieillissent. En raison de l’évolution des cultures, leurs logiques peuvent devenir difficilement compréhensibles. C’est le cas de cette saisissante affirmation de Paul : « le salaire du péché, c’est la mort ». Aujourd’hui, on ne se permet plus un tel raccourci. En effet, le péché concerne la conscience, la foi, la morale, tandis que la mort est perçue comme une donnée biologique liée à la cessation du métabolisme et de l’activité neuronale. À priori, les deux registres (le spirituel et le corporel) ne doivent pas être confondus, et pourtant, c’est à se demander si la mort physique ne peut pas être parfois la conséquence du mal vivre ? Elle l’est à l’évidence lors des meurtres et des guerres, et de façon moins évidence lors de certaines affections dites psychosomatiques, mais peut-on en faire une généralité ? À ce sujet, une catéchumène m’a d’ailleurs fait remarquer, le sourire aux lèvres, que les animaux ne pèchent pas et qu’ils meurent pourtant, ce à quoi un autre catéchumène a répondu que les animaux pèchent aussi. Pour se tirer d’affaire, les théologiens protestants ont parfois affirmé que la mort dont parle Paul n’est pas la mort biologique, mais la mort spirituelle. La pirouette est habile, mais elle ne résout pas tout.
Je vous propose de conclure en abordant le problème par l’autre bout : S’il n’y avait pas de mort biologique, serions-nous vraiment enchantés de vivre éternellement en un monde comme le nôtre ? La mort physique, autre que d’être le salaire du péché, n’en serait-elle pas aussi la délivrance ? Limiter la durée de notre vie terrestre serait donc une sage décision divine liée à notre comportement. La mort participerait ainsi à ce don de Dieu, la vie éternelle, qui recouvre et dépasse notre vie temporelle. D’où aussi la dynamique de la spiritualité chrétienne, en laquelle la mort et la vie, la souffrance et la délivrance, sont étroitement réunies dans le seul mouvement de la grâce.
La prière
Je te rends grâce, mon Seigneur et mon Dieu, de ce que tu m’as délivré du mal, de la mort et du péché. Cela, aucun homme, aucun dieu n’était en mesure de le faire. En toi je vis, alors que ta présence est encore cachée dans la fragilité de mon quotidien.
Article paru au printemps 2012 dans la Vie Protestante de Genève.
Peut-on encore croire à la résurrection ?
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La mort fait partie de la vie. Pourtant l’homme ne peut s’y résoudre. L’idée de résurrection apparaît alors assez naturellement. Que signifie-t-elle pour le chrétien ? Continuer la lecture
Le protestantisme au défi du monde contemporain
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« Mais où sont-ils donc tous passés, les paroissiens ? »: C’est la question que se pose Gilles Bourquin, pasteur suisse et docteur en théologie, dans son dernier ouvrage « Théologie de la spiritualité ». Remède à la clé. Propos recueillis par Elise Perrier, VP Genève. Continuer la lecture
Tous protestants – tous différents
Après avoir présenté la diversité du protestantisme actuel au moyen du modèle de la fronce, je présente la complémentarité des théologies de la croix et des théologies de l’expérience, qui mettent en scène des conceptions différentes de la grâce divine.
Formation donnée lors de la retraite des conseils de paroisse au Twannberg, le 4 février 2012.