La résurrection, une dynamique de vie

L’Église ne doit pas oublier que la résurrection est un message magnifique : Elle est le souffle de la vie libérée ! Les problèmes surviennent lorsque l’on porte un regard trop objectivant sur la résurrection. On se place dans la peau d’un observateur scientifique qui découvre un phénomène inexpliqué. Cette approche risque de nous laisser perplexes, car toute démonstration fait défaut. La résurrection n’est perceptible que de l’intérieur de la relation au Christ, dans le regard de la foi.

Dans le discours sur l’Esprit, au cœur de l’Évangile de Jean, Jésus dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous » (Jean 14,18). Cette manière spirituelle d’exprimer la résurrection affirme la présence éternelle de Jésus par-delà sa mort. Dans cette perspective, la résurrection est perçue comme une promesse de vie, une dynamique qui relie notre propre vie à la puissance divine en passant par le Christ mort et ressuscité. Cela inverse notre logique déductive : Si le Christ vivant se tient à nos côtés et nous guide sur le chemin de cette vie, il est ressuscité le matin de Pâques.

Le véritable défi de la résurrection, ce n’est pas l’événement passé, mais son accès à notre quotidien. Le problème n’est pas historique, mais spirituel. Nous avons le privilège de bénéficier en permanence de la puissance de la résurrection du Christ, mais à quel degré saisissons-nous ce bénéfice ? Fatigués par les surcharges, étourdis par les contrariétés, inquiétés par les conflits, la lumière divine nous est voilée. La résurrection apparaît alors comme un rebondissement, l’impression d’une délivrance qui survient au moment où l’épreuve semblait insurmontable. Notre existence est traversée en permanence par ce clair-obscur de la mort et de la résurrection mises en scène par le christianisme. Ce qui paraissait vil retrouve sa dignité. Le combat de la vie reprend sens. La résurrection est cet entraineur qui du fond de nous jamais ne désespère, nous enseignant à garder nos regards en Dieu, alors que le monde s’offre à nous.

Article paru à Pâques 2013 dans la Vie Protestante de Genève.

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